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Reportage chantier – Le Haut Bois

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Mercredi 3 février ; Jacques Felix Faure, architecte du Haut Bois à Grenoble, nous présente le projet et l’avancement du chantier.

Un maitre d’ouvrage engagé.

Le Haut bois est le premier ouvrage de logements de 9 niveaux réalisé en bois en zone sismique 4/5.

Le maitre d’ouvrage ACTIS s’est battu pour réaliser cette opération de 56 logements locatifs semblables à ce que pourraient être les futurs standards de construction, avec un niveau passif et des matériaux biosourcés.

Il est composé de 2 blocs en CLT (panneaux lamellés croisés) autour d’une structure en béton qui accueille escaliers et ascenseurs, et dessert les 2 blocs d’habitation.

Toute en transparence, les circulations seront un lieu d’échange ouvert sur la montagne avoisinante.

Vue d’ensemble sur le Haut Bois. Le bloc CLT au premier plan n’a pas encore reçu la façade préfabriquée.

Jacque Felix Faure, architecte, explique le déroulement du chantier du Haut Bois à à Grenoble.

Niveau passif et confort des locataires.

Le bâtiment est au niveau passif (au sens du label Passivhaus Institut). Une batterie chaude par appartement assure la faible énergie de chauffage. La chaleur est véhiculée par l’air via le double flux. A ce niveau de performance, l’énergie pour produire de l’eau chaude devient plus importante que le chauffage ;  c’est pourquoi les descentes d’eaux grises sont réunies dans une conduite unique équipée d’un dispositif de récupération des calories, avec un rendement de 30%.

Les calculs thermiques ont pris en compte une météo avec 10 ans d’avance, afin de répondre aux conditions du réchauffement climatique. Un dispositif de climatisation de la taille de celui d’un véhicule suffira pour rafraichir tous les logements.

Le confort hygrométrique sera amélioré grâce aux capacités du CLT à réguler l’humidité. D’où l’usage d’un revêtement intérieur très ouvert à la vapeur sur les plaques de plâtre pour bénéficier de cet avantage.

La qualité de réalisation est le maitre mot pour atteindre ces objectifs. A titre d’exemple, l’architecte montre les BSO (Brise Soleil Orientables) dont la mise en œuvre à l’atelier est parfaite et qui surpasse toutes celles de ces précédents chantiers.

Les façades sont posées sur le CLT via une queue d’aronde pour les plaquer sur le CLT, puis vissées.

Les assemblages métalliques sont protégés par des pièces de bois rapportées.

Une structure bois de 9 niveaux en zone sismique 4/5.

Le bâtiment est en zone sismique 4/5.  Lors du concours, le béton devait participer à la stabilité mais les comportements au séisme sont très différents entre bois et béton. Ils ont fait abandonner cette solution, pour concevoir des blocs indépendants. En cas de séisme,  il peut y avoir des mouvements de 40cm d’amplitude en partie haute, d’où un espace périphérique autour de la structure béton qui permet de les absorber.

La structure a demandé 5 semaines de levage.

Les panneaux de CLT assurent l’étanchéité à l’air sans le renfort d’un pare vapeur ; le Q4 mesuré est de 0,37 m3/(h.m²) pour une valeur réglementaires maximum de 0,8 m3/(h.m²) .

Les façades préfabriquées intègrent l’isolant, les menuiseries, la vêture, et sont levées au rythme de 1 étage par semaine. Elles sont posées sur le CLT via une queue d’aronde pour les plaquer sur le CLT, puis vissées.

L’acoustique est également un point délicat de ce type d’ouvrage ; les ondes acoustiques ne doivent pas se propager entre les planchers et les murs. C’est pourquoi les planchers sont posés sur des muraillères.

L’épaisseur des planchers est optimisée ; on aperçoit une différence d’épaisseur liée à une plus faible portée.

La cage béton est écartée de 40 cm des façades bois pour permettre les mouvements en tête du bâtiment en cas de séisme.

Optimiser pour réduire les couts.

Pour rentrer dans l’enveloppe du maitre d’ouvrage, les panneaux de CLT ont été optimisés ; les murs inférieurs qui reprennent le plus de charge sont plus épais que ceux d’en haut. De la même manière, l’épaisseur des planchers varie selon les portées, sur un même niveau.

La réalisation d’un macro lot conséquent a été également un des éléments d’économie.

Le comportement au séisme d’un bâtiment bois s’avère un avantage par rapport à un ouvrage béton car l’ouvrage se déforme et il n’y a pas de mouvement en pied. Un bâtiment similaire voisin en béton a nécessité pour les fondations des aiguilles de 11m de profondeur tandis que le haut bois est simplement posé sur des longrines de 1,80m.

Le cout final ressort à 1750€ HT par m² habitable.

La structure CLT est liaisonnée par des plaques d’assemblage. Les différences d’épaisseur sont compensées coté intérieur par le doublage.

Pour limiter les risques d’humidification en cours de chantier, une étanchéité est réalisée tout les 3 niveaux. Elle restera en place.

En résumé :

-Maitrise d’ouvrage : ACTIS

-Architectes : ASP architectes et Atelier 17c architecture

-Entreprise : SDCC

– 9 niveaux

– 56 logements locatifs sociaux

– Structure bois

– Risque sismique 4/5

– Passif

– 1500 m3 de bois pour la structure CLT, 700 m3 pour les façades

-Ordre de service : 7 novembre 2019

-Démarrage des travaux : janvier 2020

-Evénement de lancement : février 2020

-Objectif de livraison : été 2021

Des muraillères reprennent les planchers pour ne pas les dissocier des murs et éviter la transmission des ondes sonores.

Les assemblages métalliques sont protégés par des pièces de bois rapportées.

Les ouvertures seront toute hauteur ; l’élément intermédiaire en CLT assure la rigidité des panneaux et sert de garde-corps ; il sera découpé pour la pose des menuiseries.

En savoir plus

Revoir le webinar consacré à ce projet 

 

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